« Seigneur, je Te demande la grâce de faire consciencieusement ce que Tu veux que je fasse » : 

« Je suis sorti, Seigneur, dehors les hommes couraient, les vélos couraient, des voitures couraient, les camions couraient, la rue courait, la ville courait, tout le monde courait. Ils couraient pour ne pas perdre de temps, pour rattraper le temps, pour gagner du temps. Au revoir, monsieur, excusez-moi, je n’ai pas le temps, je repasserai, je ne puis attendre, je n’ai pas le temps. Je termine cette lettre, car je n’ai pas le temps. J’aurai aimé vous aider, mais je n’ai pas le temps. Je ne puis accepter, faute de temps. Je ne peux réfléchir, lire, je suis débordé, je n’ai pas le temps. J’aimerais prier, mais je n’ai pas le temps. Ainsi les hommes courent tous après le temps, Seigneur. Ils passent sur la terre en courant, pressés, bousculés, surchargés, affolés, débordés.

Toi qui es hors du temps, Tu souris, Seigneur, de nous voir nous battre avec lui. Seigneur, j’ai le temps, j’ai tout mon temps à moi, tout le temps que Tu me donnes, les années de ma vie, les journées de ma vie, les journées de mes années, les heures de mes journées, elles sont toutes à moi. A moi de les remplir, tranquillement, calmement, mais de les remplir tout entières, jusqu’au bord, pour Te les offrir, et que de leur eau fade Tu fasses un vin généreux, comme jadis à Cana, Tu fis pour les noces humaines.

Je ne Te demande pas ce soir, Seigneur, le temps de faire ceci, et puis encore cela, je Te demande la grâce de faire consciencieusement, dans le temps ce que Tu me donnes, ce que Tu veux que je fasse. Ainsi soit-il. » 

Michel Quoist, Prêtre du Diocèse du Havre (1921-1997)

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Source : Blog de Denis Chautard